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On fait du vin aussi au Vietnam !...

On fait aussi du vin au Vietnam !...

Des visiteurs asiatiques venus participer à un Rendez-Vous dans les Vignes en 2018 m'avaient appris que le Vietnam était producteur de vin. Ils m'avaient laissé entendre qu'on y cultivait du Sauvignon Blanc - information que je n'ai pas eu l'occasion de vérifier depuis. Ce fut néanmoins une réelle découverte, puisque je pensais qu'il faisait beaucoup trop chaud et humide dans ce pays pour y cultiver de la vigne.

 

Ce sont les Français qui se sont essayés à la viticulture en Indochine, à partir des années 1880. Ils se rendirent vite compte que la chaleur et l'humidité constituaient effectivement de réels obstacles à la culture de la vigne, notamment dans les plaines. Ils s'orientèrent alors vers la région de Dalat (Đà Lạt en vietnamien), située dans les hauts plateaux du centre du pays, à 1700 mètres d'altitude, où le climat est par conséquent plus tempéré. Aujourd'hui, Dalat est toujours la capitale du vin vietnamien. Il y fait néanmoins trop frais pour assurer la bonne maturité des raisins : ils sont donc produits pour 90% d'entre eux à une bonne centaine de kilomètres de là, dans la région de Ninh Thuan, située entre  la ville et la côte. Les raisins sont achetés à des fermiers locaux par les domaines viticoles, puis acheminés par camion vers Dalat où, grâce au climat frais, les conditions de vinification et d'élevage sont optimales.

Le climat permet aux vignes de donner jusqu'à 3 récoltes par an. Cette absence de repos réduit considérablement la durée de vie des ceps : 8 à 15 ans en moyenne.

Bon... la production n'est pas très élevée : il y a aujourd'hui une vingtaine de domaines viticoles, qui produisent en moyenne 10 millions de litres par an, sur 3 000 hectares, soit des rendements de 33 hectolitres en moyenne. Et pour cause, il semblerait que les Vietnamiens soient davantage consommateurs de bière que de vin. Leur consommation personnelle de vin augmente néanmoins un peu chaque année, notamment grâce à l'émergence de classes moyenne et aisée (en 2014, elle était de 6.5 litres par habitant et par an - contre 44.2 litres par personne et par an en France, qui demeure le premier pays au monde en termes de consommation par habitant et par an).

 

Lors d'un voyage dans le nord-est du Vietnam en novembre 2018 - pour une fois, l’œnotourisme n'était pas le principal objet de ce voyage à l'étranger - j'ai eu l'occasion de goûter deux cuvées de vin vietnamien. Mais point de Sauvignon Blanc, c'est de vin rouge qu'il s'agit ici, élaboré avec du Cardinal. Ce cépage a été mis au point au États-Unis en 1939 et fut introduit en France en 1946, où il est classé parmi les raisins de table - en fait, c'est aujourd'hui un des raisins de table les plus produits au monde. Au Vietnam, ce raisin rouge est vinifié à la fois en vin rouge et... en vin blanc ! On trouve également quelques plantations de Vitis Vinifera - Cabernet Sauvignon, Chardonnay, Syrah - mais elles sont plus que rares.

 

Le premier vin que j'ai goûté a été dégusté dans un restaurant de la ville de Lang Son, à quelques encablures de la frontière avec la Chine. J'aperçois des bouteilles de vin rouge dans un réfrigérateur (!) en entrant dans le restaurant, c'est là la première occasion de déguster un vin du pays. Il est élaboré par la société Dalat Beco, l'un des domaines les plus connus et les plus importants du Vietnam. Fondé en 2000, il produit environ 700 000 bouteilles par an, essentiellement à partir du cépage Cardinal. Notre guide nous prévient gentiment que cela ne va sûrement pas être bon. Finalement, le vin est tout à fait correct. Si ce n'est qu'il a cette particularité d'être élaboré à base de raisin fermenté - normal me direz-vous... - mais additionné de jus de mûre, le fruit du mûrier, qui donne les feuilles dont se nourrissent les vers à soie. Histoire de lui donner un peu plus de couleur... Même assemblage dans le deuxième vin dégusté quelques jours plus tard, et dans le troisième, acheté au Duty Free de l'aéroport d'Hanoï et dégusté avec un club d’œnologie de retour en France. L'ajout de jus de mûre est clairement visible dans ce dernier vin, qui a la couleur d'un sirop de grenadine très intense.

 

 

 

J'ai également rapporté un vin blanc, acheté chez un caviste du vieux Hanoï. Encore une fois, la robe du vin est très prononcée, d'un jaune tirant vers l'ambre qui ferait penser chez nous à un vieux vin. Le nez est particulier, avec ses notes d'herbes aromatiques... et en bouche, j'ai l'impression de sucer un bonbon au miel et à l'eucalyptus. Pas vraiment convainquant...

Au fait, vin se dit 'vang' en vietnamien. Simple transcription phonétique de ce qui est perçu par l'oreille des Vietnamiens quand ils entendent le mot en français.

Finalement, ce n'est pas pour le vin qu'on va au Vietnam, mais pour découvrir un pays aux multiples facettes, à l'histoire chaotique mais passionnante... pour lequel j'ai eu un véritable coup de cœur. Je n'en ai découvert qu'une petite partie, si bien que ce périple de douze jours m'a laissée sur ma faim. De la mythique baie de Ha Long, aux superbes paysages karstiques de la province de Cao Bang, et à la vibrante et dynamique ville de Hanoï... sans oublier les sourires et l'accueil des habitants, et la nourriture si variée et excellente...  toutes ces découvertes me nourrissent encore au quotidien et m'ont laissé un fort goût de reviens-y.  Alors, c'est décidé, j'y retourne en fin d'année, pour plusieurs semaines d'aventure cette fois-ci. Et qui sait, j'irai peut-être faire un petit tour par Dalat, pour aller, entre autres, déguster d'autres cuvées de vin vietnamien !

Décembre 2019 : un petit ajout après un second séjour au Vietnam,en novembre 2019. La dégustation du vin blanc mentionnée ci-dessus m'avait franchement laissée sur ma faim et j'avais envie de retenter l'expérience. A trois reprises, j'ai pu goûter du vin blanc de Dalat pendant ce nouveau voyage. Un des vins ressemblait à celui dégusté avec le club oenologie, avec des arômes cependant moins prononcés, donc plus agréable à boire. Le deuxième était un vin tout à fait correct, simple, peu aromatique, mais frais et donc plaisant à boire, d'autant plus qu'il était servi avec du poisson grillé. Enfin, le dernier vin était certainement le plus intéressant avec des notes florales et fruités rappelant celles du Gewurztraminer. Dégusté avec des huîtres cuites sur un bateau dans la baie d'Halong... pas mal, non !

 

Conclusion : ne jamais rester sur ses a priori et ses premières impressions !

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Commentaires: 2
  • #1

    Thibault (lundi, 15 juin 2020 06:07)

    Si vous avez l'occasion de repasser, nous sommes francais et embouteilleur de vin a Dalat. Ce sera au plaisir de vous faire visiter notre usine

  • #2

    Myriam Fouasse-Robert (lundi, 15 juin 2020 08:54)

    Thibault, merci pour votre commentaire. Un 3e voyage au Vietnam est d'ores et déjà prévu, sûrement pour 2021, à défaut de pouvoir venir dès la fin d'année 2020. Je pense aller visiter Dalat lors de mon prochain voyage, ce sera donc avec plaisir. Il faut juste que vous me laissiez vos coordonnées. Merci et au plaisir de vous rencontrer prochainement j'espère !

Rendez-Vous dans les Vignes

Myriam Fouasse-Robert

Charmigny - 37210 Chançay

+33 6 52 16 97 07

rdvdanslesvignes@gmail.com

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